jeudi 27 mars 2008

Attirance

Dans ce temps-ci, je me questionne sur ce qui fait que le contact se fait plus facilement avec certaines personnes qu'avec d'autres. Bon. Oui. Je sais en partie : de façon générale, le contact se fait plus facilement quand c'est l'autre qui m'approche.
Avec J-B, l'entente avait été immédiate. Il m'avait apprivoisée en quelques minutes, avec son charisme tranquille et son calme. Nous nous sommes vus deux fois, avec un an d'intervalle entre chaque rencontre. La discussion était facile, elle coulait de source. L'attirance était au rendez-vous, et il sentait divinement bon... Mais... ça n'a mené à rien, pour certaines raisons que je ne nommerai pas.
Avec N aussi, ce fut facile. Je recommençais à travailler, après quelques mois d'absence, et lui, il commençait. J'ai semblé lui plaire au premier regard. Quelques jours plus tard, je lui offrais mon aide dans une tâche x. Il m'a serré la main, s'est présenté. Je ne dis pas que nous avons eu ensemble des conversations interminables... mais il y a eu une sorte d'entente dès le début. Due à mon absence d'attentes à son égard, même s'il est plutôt mignon (plus jeune que moi, grand, mince, cheveux châtain moyen avec coiffure stylisée, yeux bleus, fossette au menton, lèvres pulpeuses, piercings aux oreilles, belles fringues). Sans parler de son ton calme, de son vocabulaire normal (où ne semblent pas figurer de "full", "chill", "ghetto"), et de ses manières de gentlemen (au moment de sortir, il m'a laissée passer devant lui... la classe). De toute façon, il a l'air a) soit d'avoir une copine (qui attendait après lui, à moins qu'elle ne soit qu'une bonne amie), b) soit de préférer les ET mâles aux femelles de cette planète. O_o

À la croisée des chemins

Pendant longtemps, j'ai cru que lui parler serait la solution. Permettrait un avancement quelconque. Incapable d'ouvrir la bouche, trop timide pour lui envoyer un courriel, j'ai attendu. J'ai laissé passer les semaines, les mois.
Après presque six mois de stagnation (voire de niaisage), je me suis décidée, et je lui ai laissé un message sur son profil d'un site Internet assez connu. Une question banale, en lien avec l'école. Rien de sentimental. Pas une invite. Seulement une petite question bien innocente. J'étais fière. J'avais enfin fait quelque chose. Résultat : rien. Aucune réponse, après près de deux semaines. Rien. Nada. Niet. J'ai essayé de lui trouver des excuses, mais le doute, qui ne m'a jamais quitté depuis le début, a fait son chemin dans mon esprit.
Encore, il y a deux jours, j'étais assise dans un couloir de l'école avec des amies. Il est passé près de nous. Prise d'une impulsion subite, je me suis levée, et je suis allée vers lui. Mode zombie.
Moi : Si c'est pour les stages, la feuille n'est pas encore affichée.
Il a eu l'air de se demander de quoi je parlais (ou de où je sortais, au choix).
Lui : Ah. Non. C'est pour remettre un travail.
Moi : Ah. Ok. Désolée.
Fin de la conversation. Dans un état second, je suis retournée m'asseoir. Trop troublée par le fait que de lui avoir parlé, j'ai à peine retenu le son de sa voix (maudite mémoire auditive !), ni mes paroles exactes. Comme si mon esprit s'était déconnecté de mon corps. Tout ce que je sais, c'est qu'il avait une attitude assez... neutre. Pas particulièrement heureux que je lui aie enfin adressé la parole, après tout ce temps.
Est-ce que vous vous rendez compte ? Six mois d'attente, et... seulement ça ! J'ai passé ce moment déterminant en état de zombie, et lui, il n'a pas eu plus de réaction que ça ! Ce qui m'amène, inévitablement, à me poser des questions. Dont l'inévitable : et si je m'étais fait des idées ? Et si je n'étais qu'une fille parmi tant d'autres ? Il me trouve peut-être mignonne, fine. Mais est-ce qu'il a un semblant de béguin pour moi ? Je ne crois pas. Disons que je ne mettrais pas ma main sur le feu, persuadée qu'il se brûle d'amour secrètement pour moi. Non.
Ou est-ce une question de timing ? Ai-je trop attendu ? Si je lui avais parlé, il y a deux mois, est-ce que les choses auraient été différentes ? Est-ce la grève qui a tout foutu en l'air ?
Hier, retour en classe. En raison d'une mauvaise gestion du temps de la part de la prof, nous n'avons pas eu le droit au jeu de rôles. Donc, pas de 15 minutes de silence intense pour moi. Il est passé une fois devant moi, et ça se limite à ça. Wow. Formidable.
Après le cours, j'ai laissé partir mes compagnes de classe avant moi, question de me retrouver seule pour réfléchir à tout ça. Il est débarqué à la station de métro en même temps que moi. Avec ses amis. Figée sur place, je le regardais de loin... et il le voyait. Toujours le même schéma. Pourtant, les amis avec lesquels il était ne me sont pas antipathiques. Loin de là. Mais... je ne me sentais pas invitée. J'ai donc fixé le vide, une douleur atroce me tordant les entrailles en tout sens. Au moment pour lui de descendre, il n'est pas passé devant mon wagon. Ses amis, si, mais pas lui...
J'en ai marre d'avoir continuellement l'impression que la faute repose sur mes épaules. Qu'il faudrait que ce soit moi qui bouge, qui fasse le plus dur du travail : faire les premiers pas. Pour aller lui dire quoi ? Déblatérer sur notre programme ? Lui tirer les vers du nez pour qu'il me parle de sa vie ? Dévoiler mes sentiments ? Damn... Et pourquoi ferais-je les premiers pas avec un gars qui n'a même pas répondu à ma question toute innocente ??? De toute manière, peut-être, comme je l'ai écrit plus tôt, je me fais des idées.
Pf... Ça ne pourrait pas être simple ?

mercredi 26 mars 2008

Et si

Les yeux dans le vague
La tête ailleurs
Je fixe le vide
Et je me remémore
Ce qui m'avait ébranlée
Lorsque tout a commencé
Et si, innocemment, je te disais
Que je pense souvent à toi
Que me dirais-tu ?
Fuirais-tu si je te parlais
À brûle-pourpoint
De ce qui me trouble ces derniers temps ?
Et si, m'enhardissant, je te disais
Que tu m'attires
Que ferais-tu ?
Me prendrais-tu au sérieux ?
Jouerais-tu avec mes sentiments ?
Comme tu vois, je n'ose pas
Et si, après tout cela, je te disais
Que je t'aime à coeur défendant
Que me répondrais-tu ?
Mais tu n'en sauras rien
Car je suis lasse de me demander
Si je suis la seule à me morfondre
La seule à espérer
La seule à tenter en vain de croire
Qu'il existe un quelconque espoir
De réunir deux êtres aussi différents
Et je fuirai ton regard
Je mettrai un masque d'indifférence
J'emprunterai des chemins
Parallèles au tiens
Pour ne pas que tu saches
À quel point tu me bouleverses
Je me fermerai les yeux
Et, enfin
Ce ne sera plus ton visage
Qui viendra me hanter
Mais avant de t'oublier
Je te dédie, entre autres
Mes larmes amères
Mon bonheur factice
Et tu pourras dire à tes enfants
Que des poêmes t'auront été dédies
Car, faute d'avoir pu m'aimer
Mes mots seront là pour te narguer

vendredi 21 mars 2008

Mes activités

Sur une note plus joyeuse ^^
Voici une liste de mes activités préférées, question de faire changement des énumérations habituelles ("la bonne bouffe, la bonne musique, etc.") :
  • Essayer de deviner la personnalité des gens au premier regard
  • Danser à des moments pas rapport (dans les boutiques, les restaurants)
  • Rire quand il ne faut pas
  • Faire rire les gens que j'aime
  • Errer dans le centre-ville avec ma best
  • Inventer des personnages, leur créer une biographie
  • Refaire le casting des films
  • Me déformer le visage
  • Essayer des restaurants ... pour finalement toujours revenir aux mêmes
  • Prendre l'autobus le soir, et regarder la lune
  • Visionner un film dans une salle de cinéma presque vide
  • Marcher sur le gazon au lieu de sur le trottoir
  • Me lier à des personnes excentriques qui me permettent de faire des folies par procuration
  • M'attacher sentimentalement à des lieux
  • Passer sur un viaduc, et me retenir pour ne pas lever les bras
  • Nager sous l'eau... et avoir imanquablement mal aux oreilles après
  • Faire des rêves bizarres où l'architecture est futuriste, et les routes, construites très haut dans les airs
  • Lire la fin d'un roman avant le début
  • Rester plantée devant une fontaine, ou une entendue d'eau quelconque, un sourire béat aux lèvres
  • Écouter inlassablement les gens me raconter leur vie (surtout si cette dernière est mouvementée et quelque peu chaotique)
  • Assortir la musique dans mon lecteur cd avec la température et le moment du jour
  • Insérer des gens que je connais dans mes histoires, et leur faire faire ce que je veux
  • Finir une fois par an le jeu Super Metroid
  • Boire mon café dans un thermos, et sourire sarcastiquement à ceux qui boivent le leur dans un verre en stiromousse
  • Échanger des regards avec des garçons séduisants, et me dire que j'aurai traversé leur esprit durant ces quelques secondes
  • Boire les petits cup de crème à café façon shooter
  • Manger une sandwich au saumon extra mayonnaise dans l'autobus
  • Me promener de long en large chez moi en écoutant de la musique
  • Etc., etc.

jeudi 20 mars 2008

Suis-je intoxiquée ???

Chaque soir, je me dis que je vais me coucher tôt (enfin... vers minuit). Que je vais me lever à une heure raisonnable le lendemain. Que je vais m'avancer dans le seul travail qu'il me reste à faire cette session-ci. Que je vais m'avancer dans mes lectures - j'ai acheté tout plein de livres, dernièrement. Que je vais même tenter d'écrire un peu, question que mes idées ne restent pas emprisonnées dans ma tête...
Mais non...
Soit j'erre dans la maison tel un zombie, m'arrêtant invariablement devant l'écran d'ordinateur, que je fixe tout aussi invariablement d'un regard vide, espérant, en vain, un signe, une perche, ou le Messie en personne. Ou soit je sors, j'essaie de m'aérer (pierre qui roule n'amasse pas mousse), de me changer les idées en allant au cinéma, au resto, dans un centre d'achats x... pour retrouver mon état de zombie au retour. Seule la fin de semaine (boulot) apporte un peu de couleurs dans ce portrait plutôt gris de mon existence.
C'est chiant. Très, très, très chiant. Je n'ai jamais été dans un pareil état de stagnation. Je suis en attente.
En attente de quoi, me direz-vous ?
Qu'il se passe quelque chose. Et que ça disparaisse, tout simplement. Un peu comme un rhume tenace. Je me dis qu'en restant tranquille, en prenant du repos, je vais guérir. Guérir de quoi ? D'une intoxication, je dirais. Ou d'une "addiction", pour employer l'un de ces charmants anglicismes qui envahissement présentement la langue française.
Je suis accro à une proximité. À des regards. À des sourires. À quelques rares effleurements. S'il était resté loin de moi, je ne crois pas que je serais dans cet état, actuellement.
Je le revois encore, passer devant moi, alors que je suis en train de parler avec un ami. Je suis debout. Il s'en vient vers moi, qui suis dans le fond de la classe. Il passe tout près - un peu plus d'un pied nous sépare. Nos regards se croisent. Juste assez longtemps pour que je puisse voir ses yeux, quelque peu rouges (???). Le temps s'arrête - j'ai d'ailleurs oublié l'existence de mon ami. J'essaie de dire "allô", mais aucun son ne sort ; en fait, je n'ai pu qu'articuler un bête "all..". Et il passe devant moi, effleure mon sac à main du bout des doigts, et sort de la classe. Fin de l'histoire. Pendant ces quelques instants (durée : même pas une minute), j'ai eu l'impression de devenir un livre ouvert. Et que, pour la toute première fois, il pouvait percevoir mes sentiments à son égard. Troublant... Après la pause, il est revenu, est passé devant moi, sans toutefois me regarder. Retourné à sa place - complètement à l'avant - il semblait particulièrement animé. Tout sourire. Son regard était tourné, et je le sentais regarder dans ma direction...
Ce sont mes derniers souvenirs potables d'avant la grève... Oh ! Il y a bien eu cette rencontre, un vendredi, mais... Comme je l'ai déjà mentionné, il ne s'était rien passé. Il était avec sa bande, et semblait gêné (mon imagination, encore ?).
Tout cela pour dire que je suis bêtement accro.
Et que j'attends...

mardi 18 mars 2008

Je suis une égoïste qui s'assume

Les jours passent, les semaines filent... et la grève se poursuit toujours. Plus que quelques semaines avant la fin des cours...
L'idée de ne pas le revoir me fait mal. L'idée de ne pas cumuler de nouveaux souvenirs également. Et de laisser les anciens s'effacer doucement... Sans qu'il n'y ait de suite.
Je ne veux pas que ça s'arrête bêtement, comme ça, à cause d'une stupide grève...

vendredi 7 mars 2008

Plus que quelques jours...

Je te dédie mes regards troubles
Mes mains qui tremblent
Mon coeur qui se serre
Ma raison en déroute

Je te dédie mes errements
Mes peurs latentes
Mes rêves doux-amers
Mes mots, mon inspiration

Je te dédie mes rires factices
Mon bonheur d'apparât
Mes sourires tristes
Ma frustration dévorante

Je te dédie mes incertitudes
Mes doutes, mes interrogations
Mes silences
Les souvenirs qui me hantent

Je te dédie ces quelques lignes
Même si tu ne les liras jamais
Je te dédie toutes ces choses
Car, après tout, tu en es la cause

mardi 4 mars 2008

Fuite

Plus que quelques minutes
Mon cœur s’emballe
Les secondes paraissent éternelles
J’ai les yeux rivés sur la porte
Je guette les allées et venues
L’attente, toujours l’attente
Et là…
L’air devient soudain irrespirable
Un poids m’est tombé sur les épaules
Je sens venir le malaise
Une tempête en moi se déclare
Et je fuis
Je détourne le regard
Mes amis, malgré eux, se font paravents
Mes bouquins deviennent des forteresses imprenables
Je m’abrite en vain derrière des monologues
Mais ces bouquins, je ne les vois plus
Ces monologues, je ne les entends plus
Car mes sens m’ont été volés
J’ai perdu le contrôle de ma tête
J’ai perdu le sens des réalités
Mon imagination n’est plus là pour me sauver
Et je fuis
Même si la tristesse me guette
Même si la jalousie me ronge
Même si mon sommeil tarde
Je fuis
Je fuis ses regards et mes silences
Je fuis mes désirs et mes peurs
Je fuis mes espoirs et mes doutes
Je fuis ma vie et ma douleur
Je fuis mes pensées et mes obsessions
Mes obsessions qui portent son nom
Je cherche une issue à ce cul-de-sac
Je cherche la paix dans son absence
Pour ne trouver au final qu’un vide
Pour finir par errer sans but
Avec l’espoir de le revoir
Et, malgré tout, je fuis
Je fuis l’amour et ses déceptions
Je fuis mes illusions et mes frustrations
Je fuis le bonheur, je fuis la vie
Je confonds l’attirance
Avec la maladie
Je cherche une cure
À mes heures d’insomnie
À ma faim disparue
À mes ambitions dissolues
Je fuis
En fermant la porte derrière
En me disant que ce que j’ai cru percevoir
N’aura été que le reflet de mes chimères