vendredi 11 avril 2008

Avant-dernier jour

Aujourd'hui, avant-dernier jour de la session, et je me demande si je devrai fermer ce blogue ou pas. Pourquoi fermerais-je ce blogue ? Probablement parce que sa raison d'être n'entrera jamais d'une quelconque façon dans ma vie. Il ne sera jamais mon chum, ni mon ami. Seulement un camarade de classe qui m'aura troublée pendant environ sept mois. Et comme je ne crois pas que mes "sentiments" survivront à nos trois mois de vacances...
Plus ça va, plus je me rends compte que je n'ai rien à me mettre sous la dent. Que tout pourrait avoir une explication à des lieues d'être romantique. Je pourrais être surprise... mais je ne sais plus si je devrais attendre après quelque chose, après tout ce temps.
Pendant la séance de ce matin, mon amie m'a dit qu'il fixait dans notre direction, un large sourire sur les lèvres. Mais elle ignore qui il regardait. Elle ? Moi ? L'une de nos collègues de classe ? Le mur ? L'esprit sain qui serait soudain apparu devant lui ? Son ami imaginaire ? Le lapin de Donnie Brasco ? Who knows ?! Ou était-il seulement dans la lune ? Ou sous l'effet d'une substance illicite ? Y'en a marre...
Qui plus est, il n'y a jamais personne pour venir renforcer - ou défaire - mes feelings. Ce qui me donne vraiment l'impression de divaguer. Je crois que c'est ça qui me frustre le plus, dans toute cette histoire : la sensation que j'hallucine, que j'invente, que je suis tellement désespérée sentimentalement que je trompe carrément sur ce que ressentent les autres... Damn... Suis-je en bonne voie de devenir érotomane ???
Et je ne peux même pas confirmer auprès de É. Une force m'en empêche. É n'est pas trop clair lui-même. Des fois, je me demande s'il ne désire pas secrètement se créer un harem.
Y'en a marre, y'en a marre, y'en a marre...
Conclusion : je n'ai pas de vie, et je meuble mon existence à m'inventant des histoires d'amour nowhere. Génial.

mercredi 9 avril 2008

J'aime/Je déteste

J'aime
  • lorsque, le soir, la ciel est noir et qu'on voit briller les étoiles
  • prendre l'autobus, un vendredi ou un samedi soir, et sentir la fièvre et le côté glamour du week-end me gagner
  • les garçons qui ont des rides d'expression, des fossettes, une voix sexy et/ou des yeux clairs
  • la conception romantique de l'amour : la lenteur, les regards lourds de sous-entendus, les déchirements, les pleurs dans l'oreiller, la timidité, la déroute, et les petits riens qui font qu'on perd de plus en plus la carte - tout ce que l'on a hâte de raconter à ses enfants et ses petits-enfants et qui nous donne l'impression d'être vivant
  • les jeux et les entourloupes du destin, même s'ils sont parfois chiants
  • m'asseoir sur un banc proche de la Rivière, et me dire combien c'est bon d'être en vie
  • les après-midi passés seule au cinéma, avec mon café et mon cup de crème
  • faire les boutiques avec ma mère, et discuter en sa compagnie de tout et de rien devant une assiette de shish taouk ou des sushis
  • errer dans le centre-ville avec ma meilleure amie, le soir, et m'extasier devant les gratte-ciel illuminés
  • lorsqu'il fait beau, m'étendre sur le divan du salon avec un livre et laisser la lumière du soleil me réchauffer
  • écouter le bon film au bon moment (la même chose pour la musique)
  • manger un sandwich au saumon extra mayonnaise dans l'autobus, voir les gens me regarder croche et m'en ficher éperdument
  • m'asseoir dans les couloirs de l'université, et me dire qu'au secondaire et au cégep, je n'aurais jamais pu le faire
  • etc.

Je déteste

  • les pédophiles, les violeurs, les personnes violentes verbalement et/ou physiquement, les alcoolos, les religieux radicaux, les personnes qui n'ont pas de façon la première fois que tu les rencontres (par exemple, ma boss)
  • le fait que le salaire minimum soit aussi ridiculement bas
  • qu'on dise que les valeurs humaines sont intimement associées à la religion (comme si on ne pouvait pas être respectueux, serviable, loyal en étant athée...)
  • qu'on prétende qu'une époque ou une génération est meilleure qu'une autre : chaque génération/époque est tout simplement différente de celle qui l'a précédée ou de celle qui la suivra
  • les gens qui n'assument pas leurs actes et qui mettent la faute sur tout le monde sauf sur eux (et qui disent que s'il y a tant de violence en ce bas-monde, c'est à cause des films à hémoglobine et des jeux vidéo... damn...)
  • les histoires d'amour qui manquent cruellement de romantisme : les one night stand et autres histoires de cul, l'urgence, la vulgarité, l'infidélité (Du genre "Nous nous sommes rencontrés dans un bar, alors que nous étions tous deux passablement imbibés d'alcool" ou "Au début, je le détestais, mais je me suis rendue compte qu'il avait des qualités, puis nous sommes devenus amis, et au bout de quelques temps, nous avons décidé de sortir ensemble...")
  • les champignons et la coriande (rien à faire)
  • ne pas pouvoir me souvenir en détails de certains événements, ou de certains visages sans faire appel à des photographies ou des vidéos
  • me rendre compte que je suis la seule à aimer, alors que je croyais que c'était réciproque
  • qu'on me prenne pour une jolie idiote ou une bollée so-so
  • parler au téléphone, et me demander avec quelle oreille j'entends le mieux (j'ai eu une perforation du tympan, ce qui fait en sorte que je n'entends pas pareillement des deux oreilles)
  • etc.

Pourquoi lui ?

Le cours s'est terminé à 15h30. Le transport de mon amie arrivait vers 16h30. Je lui ai proposé de passer le temps avec elle. Nous étions dans la cafétériat, lorsque R est passé près de nous et nous a saluées. Il s'est assis à la table juste à côté de la nôtre, et devinez qui est venu le rejoindre... Est-ce moi, ou il semblait apprécier la situation ? Ou il semblait être content que R ait choisi cette table aussi proche de la nôtre ? (J'ai remarqué qu'il prend rarement l'initiative de venir s'asseoir près de moi, mais lorsque ses amis choisissent une place non loin de la mienne, il semble... content. Bien entendu, cela exclu le 31 octobre et les deux 15 quinze minutes de silence, moments où il s'est approché de moi comme un grand garçon...)
Mon amie m'a demandé, en chuchotant, si je voulais changer de place. Je lui ai répondu que non, mais je lui ai demandé de me parler de sa vie, question ne pas tomber sur un sujet glissant. Et elle a parlé. À mon grand malheur, j'étais incapable de suivre ce qu'elle me disait. J'avais beau essayer de me concentrer, rien ne rentrait. Il était trop proche. Il était là. Juste à côté. Et sa présence suffisait pour me vider de ma matière grise. Je trouvais drôle de tenter de discuter des relations amoureuses de mon amie alors qu'il était aussi proche. Je regrette de ne pas avoir glissé, out of nowhere dans la conversation, que je n'aime pas les personnes qui ne me réécrivent pas.
Ils sont partis au bout d'environ une demi-heure. R nous a dit son habituel "Bye, les filles !". Lui, il a marmonné un "chow" qui semblait ne s'adresser à personne, ou peut-être parlait-il au plancher, qui sait ? Peu importe. Je suis la seule à l'avoir entendu.
Conclusion, pourquoi suis-je incapable de décrocher ? Parce qu'il me fait un effet monstre. Parce que j'aimerais tirer ça au clair. Parce que je trouverais cela dommage que tout ça n'ait abouti à rien. Même si j'ai des doutes. Même si je continue à me demander si je suis la seule à se troubler, la seule à se voir vider de sa matière grise à chaque fois qu'il s'approche d'un peu trop près de ma bulle... Même si j'ignore où cela mènerait.
Et il ne m'a toujours pas réécrit... (Comme dirait mon amie, il est poche.)

samedi 5 avril 2008

Comment espérer un jour me séduire

Bon. Je trouvais amusante l'idée de faire cette liste, compte tenu que j'ai l'impression d'être plutôt compliquée à saisir... >_> Et, bien entendu, s'il n'y a pas d'attirance physique au départ, c'est mal barré pour le gars. Ça pourrait changer, mais c'est encore plus long...

  1. M'hypnotiser. Si le gars est vraiment désespéré.
  2. Me tendre un piège, ou me coincer dans un détour, question que je ne puisse pas m'enfuir.
  3. Initier la conversation ou, du moins, me donner envie de lui parler. Pas se mettre à regarder ses gants. =_=
  4. Envoyer des signaux clairs. Sinon, je vais passer les prochaines semaines à me demander si tel regard qui m'a été lancé signifiait quelque chose. Au pire, me dire carrément ce qu'il désire.
  5. Être TRÈS patient. Je ne suis pas de celles qu'on peut amadouer facilement.
  6. Faire en sorte de gagner ma confiance et, ensuite, ne pas trop ébranler celle-ci. Il faut que je puisse me fier à la personne au moins à 85%.
  7. Avoir une hygiène irréprochable, sans être maniaque. Si un garçon dégage des odeurs corporelles douteuses, tant pis pour lui.
  8. Ne pas être mesquin envers moi ou les personnes que j'aime. Ça, ça me refroidit. Énormément. Assez pour que j'aie envie d'ignorer les gars pour les prochaines semaines.
  9. Ne pas collectionner les habitudes douteuses, tels les soirs de beuverie sur une base hebdomadaire, ou la consommation de substances illicites. (Bien entendu, les violents et les pédos sont automatiquement hors-concours.)
  10. Avoir des attentes réalistes côté professionnel. Je peux être rêveuse, mais je suis aussi assez terre-à-terre. Et il doit aimer le domaine professionnel choisi. Peu importe si le domaine est payant ou pas, tant qu'il mène à quelque chose.
  11. Comprendre - ou du moins, accepter - mon côté imaginatif, excentrique. Et un peu contemplatif. v_v
  12. M'effleurer, de temps en temps, mais seulement si les intentions du garçon sont louables. Si elles ne se limitent pas à vouloir me sauter dessus.
  13. Me donner l'impression de ne pas faire partie d'une liste de plusieurs candidates possibles. Ce qui m'envoie un message du genre : "Tu es jolie, mais ta voisine également". La compétition, ça ne m'allume pas. Au contraire, ça me souffrir. Je ne cherche pas à remporter un prix...
  14. Être fidèle, évidemment.
  15. Pouvoir être drôle, mais aussi sérieux quand il le faut.
  16. Avoir des intérêts, des passions qui vont plus loin que les soirs de beuverie et les sorties entre chums de gars.
  17. Avoir eu une enfance heureuse, et entretenir des liens chaleureux avec sa famille.

Mes activités (suite)

Voici maintenant la liste des activités que je n'aime pas faire... mais que je fais malheureusement un peu trop régulièrement.
  • Écrire des questions dignes d'un sondage... et ne recevoir aucune réponse =_=
  • Déguster joyeusement un plat, et tomber sur un champignon, ou de la coriande (berk !)
  • Être dans l'autobus, avec de la musique, me dire que je pourrais profiter de ce moment béni pour rêvasser... mais finalement me remémorer certains événements et me mettre à angoisser
  • Faire des fautes de frappe
  • Me retrouver à l'extérieur alors qu'il y a un orage
  • En pincer pour un gars pendant plusieurs semaines (voire plusieurs mois...), me faire des scénarios, et finalement me rendre compte que soit il ne me voit pas, soit il ne s'intéresse pas vraiment à moi, soit il n'en vaut pas la peine (en gros, me rendre compte que mes senseurs sont défectueux)
  • Lire la fin d'un roman policier, et être déçue par l'identité du tueur (comme s'ils avaient choisi le tueur en mettant plusieurs noms dans un chapeau, parce qu'il n'y a pas de logique véritable dans ses raisons de tuer)
  • Tomber sur un ancien béguin, et me rendre compte que je suis toujours aussi invisible à ses yeux
  • Insérer une personne dans une histoire, et voir la personne disparaître de ma vie quelques temps après
  • Voir des personnes que j'apprécie disparaître de ma vie pour de multiples raisons (décès, changement d'emploi ou d'orientation professionnelle, déménagement, éloignement)
  • Savoir qu'un gars a le béguin pour moi, et me sentir cheap parce que je ne partage pas ses sentiments et que je sais très exactement ce qu'il peut ressentir
  • Espérer plusieurs heures manger un mets particulier, mais finalement ne pas pouvoir le faire (il n'en reste plus, un empêchement, pas le temps, etc., etc.)
  • Avoir des bottes qui ne me permettent pas de marcher sur la neige
  • Tomber sur des gars qui m'attirent soit physiquement, soit intellectuellement, mais jamais les deux à la fois
  • Collectionner les regrets
  • Économiser mon argent pour une sortie x, et être déçue par ladite sortie
  • Me retrouver en présence du gars qui m'intéresse, et ne pas savoir quoi lui dire, parce que mon cerveau a été vidé de sa matière dès qu'il s'est approché de moi
  • Etc., etc.

Retour sur mercredi passé - ou l'instant paranoïaque


Voici maintenant arrivé le moment tant attendu de désespérer de moi pour de bon.

J'ai pris la ligne bleue, pas plus tard qu'hier, et je me suis rendue compte que les deux sorties de la station Jean-Talon semblent mener au même endroit, c'est-à-dire vers l'extérieur et les autres directions. Vous vous demandez sûrement pourquoi je me suis attardée à ce détail pourtant insignifiant. La réponse : parce que je suis paranoïaque. Tout simplement. J'ai eu l'impression qu'il me fuyait, mercredi passé, et je voulais confirmer mon intuition. Je me suis même amusée à faire un petit dessin de la situation... (voir le dessin ci-haut)

P.S. : Je tiens à préciser que je ne fais pas ce blog pour montrer à toute la planète à quel point je suis bizarre - et obsessionnelle sur les bords. Je veux seulement me souvenir. Comme on dit, les paroles s'envolent, mais les écrits restent.


jeudi 3 avril 2008

20 raisons pouvant expliquer pourquoi il ne me répond pas

1. Il déteste Facebook. (Mais il a changé sa photo dernièrement, et il ajoute des amis assez fréquemment, donc...)
2. Il est analphabète, et il cache particulièrement bien son jeu. (Euh... Comment a-t-il fait pour passer ses examens, d'abord ???)
3. Il est trop paresseux pour seulement pouvoir taper une réponse. Ou, pire encore, trop paresseux pour seulement vouloir faire dérouler la bande pour se rendre jusqu'à son wall. (Bordel...)
4. Il a compris qu'il s'agissait d'une perche, et il a choisi de ne pas la prendre. Du genre : "Tu ne m'intéresse tellement pas que je ne daignerai même pas répondre à ta question digne d'un sondage." (Ce qui serait vraiment mesquin de sa part.)
5. Il n'a pas compris qu'il s'agissait d'une perche (donc, qu'il y a urgence d'agir), et s'est dit qu'il y répondrait, mais a oublié de le faire... (Ce qui montre à quel point j'ai de l'importance à ses yeux...)
6. Il est pris, et seulement répondre à ma question l'impliquerait déjà trop, et constituerait une façon détournée d'être infidèle à sa blonde. (Ha ! ha ! Coincé avec une tigresse possessive !)
7. J'ai trop attendu avant de faire quelque chose. Mauvais timing. L'avoir fait quelques semaines avant la grève, le résultat aurait été tout autre. (On appelle ça être longue à la détente. Ou espérer vainement que c'est l'autre qui fera les premiers pas.)
8. Il voulait me répondre en personne, mais comme je suis dure à attrapper... Et répondre sur Internet ne l'intéresse pas. (Pourtant, c'est une solution tellement facile !)
9. Il ne sait pas comment me prendre, quoi faire de moi. Il est agacé par cette soudaine marque d'intérêt, alors qu'en vrai, j'ai tendance à le fuir. Et il se demande pourquoi je ne lui pas posé la question en personne, alors que j'aurais eu des tas d'occasions de le faire. Donc, pour me "punir", il ne me répond pas. (Honte à moi...)
10. Il pensait me répondre, mais il a décidé de demander l'avis de ses amis, qui le lui ont déconseillé pour une raison x. (Là, il serait vraiment influençable... Pourtant, il est le seul de sa bande a avoir voté contre la grève... Et c'est à la condition qu'il ait parlé un jour de moi à ses amis. Pour cela, il faudrait que j'aie une quelconque importance pour lui... *doute*)
11. Il est un gay dans le placard, qui défend sa supposée virilité en jouant au hockey. (Ça, c'est le genre d'explications que me sort mon père. Quoique, même s'il avait été gay, il aurait pu me répondre pareil...) Ou un extra-terrestre qui ne s'intéresse aux femelles de cette planète que dans le but de copuler, et non de discuter sur le web. (Non, lui, il n'a pas été enlevé lorsqu'il était enfant par des ET mâles. Il est un ET mâle. Nuance.)
12. Ma question l'a tellement laissé sous le choc (!) qu'il est dans l'incapacité de me répondre. Son cerveau est éteint, depuis. J'ai fait griller quelques fusibles. (C'est fou l'impact que peut avoir une question de sondage sur le cerveau des gens...)
13. Il aimait l'aspect silencieux de nos "échanges". Le fait que je lui pose une question, même sur Internet, est venu "péter sa balloune". Donc, il n'a pour moi qu'une attirance physique. Ce qui nous ramène inévitablement à la thèse du ET.
14. Il n'est pas sûr d'aimer le programme, et il se demande s'il ne devrait pas changer d'orientation l'année prochaine. Par conséquent, il se sent mal à l'aise de répondre à ma question. (La franchise, cher ami ! La franchise !)
15. Il ne sait pas encore où il désire aller, et, au lieu de me le dire, il préfère attendre de le savoir avant de me répondre. (Toujours et encore la franchise ! De toute façon, ai-je l'air moi-même de savoir où je m'en vais ?!)
16. Il est offensé que justement je lui aie posé une question digne d'un sondage au lieu de lui dévoiler mes tendres sentiments à son égard. (Qu'est-ce qu'il attend, alors, pour me dévoiler les siens ?? L'autobus ?!)
17. Il est constamment sous l'effet de l'alcool, ou de drogues, et donc dans l'impossibilité de me pondre une réponse potable. (Pitié ! Pas ça !!!)
18. Il a tant de fans en délire - dont je fais vraisemblablement partie, et qui sont tous de sexe féminin - que leur répondre lui prend des semaines, et mon message fait partie des derniers d'une liste épouvantablement longue.
19. Il aurait voulu me répondre, mais à chaque fois qu'il a tenté de débuter une réponse potable, quelque chose est venu le déranger. Un coup de téléphone. La visite impromptue d'un ami. Un parent qui quémande l'ordinateur. S'il a un portable, la batterie qui meurt. Peu importe. Il s'est dit : "Et s'il s'agissait de signes du destin ?". En conclusion, il a abandonné.
20. Il aurait voulu me répondre, mais alors qu'il revenait chez lui, une vieille femme s'est approchée de lui en disant : "Une fille tourne autour de vous. Oubliez-la. Elle vous fera tourner en bourrique." Obéissant, il a suivi le conseil de la femme. (Conclusion, pas de réponse, parce qu'il a fallu qu'un gars supersticieux tombe sur une bonne femme particulièrement lucide...)

jeudi 27 mars 2008

Attirance

Dans ce temps-ci, je me questionne sur ce qui fait que le contact se fait plus facilement avec certaines personnes qu'avec d'autres. Bon. Oui. Je sais en partie : de façon générale, le contact se fait plus facilement quand c'est l'autre qui m'approche.
Avec J-B, l'entente avait été immédiate. Il m'avait apprivoisée en quelques minutes, avec son charisme tranquille et son calme. Nous nous sommes vus deux fois, avec un an d'intervalle entre chaque rencontre. La discussion était facile, elle coulait de source. L'attirance était au rendez-vous, et il sentait divinement bon... Mais... ça n'a mené à rien, pour certaines raisons que je ne nommerai pas.
Avec N aussi, ce fut facile. Je recommençais à travailler, après quelques mois d'absence, et lui, il commençait. J'ai semblé lui plaire au premier regard. Quelques jours plus tard, je lui offrais mon aide dans une tâche x. Il m'a serré la main, s'est présenté. Je ne dis pas que nous avons eu ensemble des conversations interminables... mais il y a eu une sorte d'entente dès le début. Due à mon absence d'attentes à son égard, même s'il est plutôt mignon (plus jeune que moi, grand, mince, cheveux châtain moyen avec coiffure stylisée, yeux bleus, fossette au menton, lèvres pulpeuses, piercings aux oreilles, belles fringues). Sans parler de son ton calme, de son vocabulaire normal (où ne semblent pas figurer de "full", "chill", "ghetto"), et de ses manières de gentlemen (au moment de sortir, il m'a laissée passer devant lui... la classe). De toute façon, il a l'air a) soit d'avoir une copine (qui attendait après lui, à moins qu'elle ne soit qu'une bonne amie), b) soit de préférer les ET mâles aux femelles de cette planète. O_o

À la croisée des chemins

Pendant longtemps, j'ai cru que lui parler serait la solution. Permettrait un avancement quelconque. Incapable d'ouvrir la bouche, trop timide pour lui envoyer un courriel, j'ai attendu. J'ai laissé passer les semaines, les mois.
Après presque six mois de stagnation (voire de niaisage), je me suis décidée, et je lui ai laissé un message sur son profil d'un site Internet assez connu. Une question banale, en lien avec l'école. Rien de sentimental. Pas une invite. Seulement une petite question bien innocente. J'étais fière. J'avais enfin fait quelque chose. Résultat : rien. Aucune réponse, après près de deux semaines. Rien. Nada. Niet. J'ai essayé de lui trouver des excuses, mais le doute, qui ne m'a jamais quitté depuis le début, a fait son chemin dans mon esprit.
Encore, il y a deux jours, j'étais assise dans un couloir de l'école avec des amies. Il est passé près de nous. Prise d'une impulsion subite, je me suis levée, et je suis allée vers lui. Mode zombie.
Moi : Si c'est pour les stages, la feuille n'est pas encore affichée.
Il a eu l'air de se demander de quoi je parlais (ou de où je sortais, au choix).
Lui : Ah. Non. C'est pour remettre un travail.
Moi : Ah. Ok. Désolée.
Fin de la conversation. Dans un état second, je suis retournée m'asseoir. Trop troublée par le fait que de lui avoir parlé, j'ai à peine retenu le son de sa voix (maudite mémoire auditive !), ni mes paroles exactes. Comme si mon esprit s'était déconnecté de mon corps. Tout ce que je sais, c'est qu'il avait une attitude assez... neutre. Pas particulièrement heureux que je lui aie enfin adressé la parole, après tout ce temps.
Est-ce que vous vous rendez compte ? Six mois d'attente, et... seulement ça ! J'ai passé ce moment déterminant en état de zombie, et lui, il n'a pas eu plus de réaction que ça ! Ce qui m'amène, inévitablement, à me poser des questions. Dont l'inévitable : et si je m'étais fait des idées ? Et si je n'étais qu'une fille parmi tant d'autres ? Il me trouve peut-être mignonne, fine. Mais est-ce qu'il a un semblant de béguin pour moi ? Je ne crois pas. Disons que je ne mettrais pas ma main sur le feu, persuadée qu'il se brûle d'amour secrètement pour moi. Non.
Ou est-ce une question de timing ? Ai-je trop attendu ? Si je lui avais parlé, il y a deux mois, est-ce que les choses auraient été différentes ? Est-ce la grève qui a tout foutu en l'air ?
Hier, retour en classe. En raison d'une mauvaise gestion du temps de la part de la prof, nous n'avons pas eu le droit au jeu de rôles. Donc, pas de 15 minutes de silence intense pour moi. Il est passé une fois devant moi, et ça se limite à ça. Wow. Formidable.
Après le cours, j'ai laissé partir mes compagnes de classe avant moi, question de me retrouver seule pour réfléchir à tout ça. Il est débarqué à la station de métro en même temps que moi. Avec ses amis. Figée sur place, je le regardais de loin... et il le voyait. Toujours le même schéma. Pourtant, les amis avec lesquels il était ne me sont pas antipathiques. Loin de là. Mais... je ne me sentais pas invitée. J'ai donc fixé le vide, une douleur atroce me tordant les entrailles en tout sens. Au moment pour lui de descendre, il n'est pas passé devant mon wagon. Ses amis, si, mais pas lui...
J'en ai marre d'avoir continuellement l'impression que la faute repose sur mes épaules. Qu'il faudrait que ce soit moi qui bouge, qui fasse le plus dur du travail : faire les premiers pas. Pour aller lui dire quoi ? Déblatérer sur notre programme ? Lui tirer les vers du nez pour qu'il me parle de sa vie ? Dévoiler mes sentiments ? Damn... Et pourquoi ferais-je les premiers pas avec un gars qui n'a même pas répondu à ma question toute innocente ??? De toute manière, peut-être, comme je l'ai écrit plus tôt, je me fais des idées.
Pf... Ça ne pourrait pas être simple ?

mercredi 26 mars 2008

Et si

Les yeux dans le vague
La tête ailleurs
Je fixe le vide
Et je me remémore
Ce qui m'avait ébranlée
Lorsque tout a commencé
Et si, innocemment, je te disais
Que je pense souvent à toi
Que me dirais-tu ?
Fuirais-tu si je te parlais
À brûle-pourpoint
De ce qui me trouble ces derniers temps ?
Et si, m'enhardissant, je te disais
Que tu m'attires
Que ferais-tu ?
Me prendrais-tu au sérieux ?
Jouerais-tu avec mes sentiments ?
Comme tu vois, je n'ose pas
Et si, après tout cela, je te disais
Que je t'aime à coeur défendant
Que me répondrais-tu ?
Mais tu n'en sauras rien
Car je suis lasse de me demander
Si je suis la seule à me morfondre
La seule à espérer
La seule à tenter en vain de croire
Qu'il existe un quelconque espoir
De réunir deux êtres aussi différents
Et je fuirai ton regard
Je mettrai un masque d'indifférence
J'emprunterai des chemins
Parallèles au tiens
Pour ne pas que tu saches
À quel point tu me bouleverses
Je me fermerai les yeux
Et, enfin
Ce ne sera plus ton visage
Qui viendra me hanter
Mais avant de t'oublier
Je te dédie, entre autres
Mes larmes amères
Mon bonheur factice
Et tu pourras dire à tes enfants
Que des poêmes t'auront été dédies
Car, faute d'avoir pu m'aimer
Mes mots seront là pour te narguer

vendredi 21 mars 2008

Mes activités

Sur une note plus joyeuse ^^
Voici une liste de mes activités préférées, question de faire changement des énumérations habituelles ("la bonne bouffe, la bonne musique, etc.") :
  • Essayer de deviner la personnalité des gens au premier regard
  • Danser à des moments pas rapport (dans les boutiques, les restaurants)
  • Rire quand il ne faut pas
  • Faire rire les gens que j'aime
  • Errer dans le centre-ville avec ma best
  • Inventer des personnages, leur créer une biographie
  • Refaire le casting des films
  • Me déformer le visage
  • Essayer des restaurants ... pour finalement toujours revenir aux mêmes
  • Prendre l'autobus le soir, et regarder la lune
  • Visionner un film dans une salle de cinéma presque vide
  • Marcher sur le gazon au lieu de sur le trottoir
  • Me lier à des personnes excentriques qui me permettent de faire des folies par procuration
  • M'attacher sentimentalement à des lieux
  • Passer sur un viaduc, et me retenir pour ne pas lever les bras
  • Nager sous l'eau... et avoir imanquablement mal aux oreilles après
  • Faire des rêves bizarres où l'architecture est futuriste, et les routes, construites très haut dans les airs
  • Lire la fin d'un roman avant le début
  • Rester plantée devant une fontaine, ou une entendue d'eau quelconque, un sourire béat aux lèvres
  • Écouter inlassablement les gens me raconter leur vie (surtout si cette dernière est mouvementée et quelque peu chaotique)
  • Assortir la musique dans mon lecteur cd avec la température et le moment du jour
  • Insérer des gens que je connais dans mes histoires, et leur faire faire ce que je veux
  • Finir une fois par an le jeu Super Metroid
  • Boire mon café dans un thermos, et sourire sarcastiquement à ceux qui boivent le leur dans un verre en stiromousse
  • Échanger des regards avec des garçons séduisants, et me dire que j'aurai traversé leur esprit durant ces quelques secondes
  • Boire les petits cup de crème à café façon shooter
  • Manger une sandwich au saumon extra mayonnaise dans l'autobus
  • Me promener de long en large chez moi en écoutant de la musique
  • Etc., etc.

jeudi 20 mars 2008

Suis-je intoxiquée ???

Chaque soir, je me dis que je vais me coucher tôt (enfin... vers minuit). Que je vais me lever à une heure raisonnable le lendemain. Que je vais m'avancer dans le seul travail qu'il me reste à faire cette session-ci. Que je vais m'avancer dans mes lectures - j'ai acheté tout plein de livres, dernièrement. Que je vais même tenter d'écrire un peu, question que mes idées ne restent pas emprisonnées dans ma tête...
Mais non...
Soit j'erre dans la maison tel un zombie, m'arrêtant invariablement devant l'écran d'ordinateur, que je fixe tout aussi invariablement d'un regard vide, espérant, en vain, un signe, une perche, ou le Messie en personne. Ou soit je sors, j'essaie de m'aérer (pierre qui roule n'amasse pas mousse), de me changer les idées en allant au cinéma, au resto, dans un centre d'achats x... pour retrouver mon état de zombie au retour. Seule la fin de semaine (boulot) apporte un peu de couleurs dans ce portrait plutôt gris de mon existence.
C'est chiant. Très, très, très chiant. Je n'ai jamais été dans un pareil état de stagnation. Je suis en attente.
En attente de quoi, me direz-vous ?
Qu'il se passe quelque chose. Et que ça disparaisse, tout simplement. Un peu comme un rhume tenace. Je me dis qu'en restant tranquille, en prenant du repos, je vais guérir. Guérir de quoi ? D'une intoxication, je dirais. Ou d'une "addiction", pour employer l'un de ces charmants anglicismes qui envahissement présentement la langue française.
Je suis accro à une proximité. À des regards. À des sourires. À quelques rares effleurements. S'il était resté loin de moi, je ne crois pas que je serais dans cet état, actuellement.
Je le revois encore, passer devant moi, alors que je suis en train de parler avec un ami. Je suis debout. Il s'en vient vers moi, qui suis dans le fond de la classe. Il passe tout près - un peu plus d'un pied nous sépare. Nos regards se croisent. Juste assez longtemps pour que je puisse voir ses yeux, quelque peu rouges (???). Le temps s'arrête - j'ai d'ailleurs oublié l'existence de mon ami. J'essaie de dire "allô", mais aucun son ne sort ; en fait, je n'ai pu qu'articuler un bête "all..". Et il passe devant moi, effleure mon sac à main du bout des doigts, et sort de la classe. Fin de l'histoire. Pendant ces quelques instants (durée : même pas une minute), j'ai eu l'impression de devenir un livre ouvert. Et que, pour la toute première fois, il pouvait percevoir mes sentiments à son égard. Troublant... Après la pause, il est revenu, est passé devant moi, sans toutefois me regarder. Retourné à sa place - complètement à l'avant - il semblait particulièrement animé. Tout sourire. Son regard était tourné, et je le sentais regarder dans ma direction...
Ce sont mes derniers souvenirs potables d'avant la grève... Oh ! Il y a bien eu cette rencontre, un vendredi, mais... Comme je l'ai déjà mentionné, il ne s'était rien passé. Il était avec sa bande, et semblait gêné (mon imagination, encore ?).
Tout cela pour dire que je suis bêtement accro.
Et que j'attends...

mardi 18 mars 2008

Je suis une égoïste qui s'assume

Les jours passent, les semaines filent... et la grève se poursuit toujours. Plus que quelques semaines avant la fin des cours...
L'idée de ne pas le revoir me fait mal. L'idée de ne pas cumuler de nouveaux souvenirs également. Et de laisser les anciens s'effacer doucement... Sans qu'il n'y ait de suite.
Je ne veux pas que ça s'arrête bêtement, comme ça, à cause d'une stupide grève...

vendredi 7 mars 2008

Plus que quelques jours...

Je te dédie mes regards troubles
Mes mains qui tremblent
Mon coeur qui se serre
Ma raison en déroute

Je te dédie mes errements
Mes peurs latentes
Mes rêves doux-amers
Mes mots, mon inspiration

Je te dédie mes rires factices
Mon bonheur d'apparât
Mes sourires tristes
Ma frustration dévorante

Je te dédie mes incertitudes
Mes doutes, mes interrogations
Mes silences
Les souvenirs qui me hantent

Je te dédie ces quelques lignes
Même si tu ne les liras jamais
Je te dédie toutes ces choses
Car, après tout, tu en es la cause

mardi 4 mars 2008

Fuite

Plus que quelques minutes
Mon cœur s’emballe
Les secondes paraissent éternelles
J’ai les yeux rivés sur la porte
Je guette les allées et venues
L’attente, toujours l’attente
Et là…
L’air devient soudain irrespirable
Un poids m’est tombé sur les épaules
Je sens venir le malaise
Une tempête en moi se déclare
Et je fuis
Je détourne le regard
Mes amis, malgré eux, se font paravents
Mes bouquins deviennent des forteresses imprenables
Je m’abrite en vain derrière des monologues
Mais ces bouquins, je ne les vois plus
Ces monologues, je ne les entends plus
Car mes sens m’ont été volés
J’ai perdu le contrôle de ma tête
J’ai perdu le sens des réalités
Mon imagination n’est plus là pour me sauver
Et je fuis
Même si la tristesse me guette
Même si la jalousie me ronge
Même si mon sommeil tarde
Je fuis
Je fuis ses regards et mes silences
Je fuis mes désirs et mes peurs
Je fuis mes espoirs et mes doutes
Je fuis ma vie et ma douleur
Je fuis mes pensées et mes obsessions
Mes obsessions qui portent son nom
Je cherche une issue à ce cul-de-sac
Je cherche la paix dans son absence
Pour ne trouver au final qu’un vide
Pour finir par errer sans but
Avec l’espoir de le revoir
Et, malgré tout, je fuis
Je fuis l’amour et ses déceptions
Je fuis mes illusions et mes frustrations
Je fuis le bonheur, je fuis la vie
Je confonds l’attirance
Avec la maladie
Je cherche une cure
À mes heures d’insomnie
À ma faim disparue
À mes ambitions dissolues
Je fuis
En fermant la porte derrière
En me disant que ce que j’ai cru percevoir
N’aura été que le reflet de mes chimères

vendredi 29 février 2008

Lucide ?

Oui, nous sommes en grève. Oui, ça m'agace. Du moins, ça m'a terriblement agacée sur le coup. J'ai eu l'impression de recevoir une brique sur la tête. Mon coeur s'est serré, et mes yeux sont devenus vitreux.
Peu importe.
Aujourd'hui, rencontre pour les stages. Il était là, bien sûr. En compagnie de ses copains. Sa bande. Son clan. Sa secte. Je les regarde, et je me demande si je pourrais joindre leurs rangs, un jour. Pas sûre. Ils ne semblent pas m'aimer beaucoup. À moins qu'ils n'aiment tout simplement pas ceux qui ne font pas partie de leur club. À moins que je me fasse des idées... comme d'habitude.
De toute façon, il ne me regardait pas, aujourd'hui. Cependant, il a regardé l'une de mes camarades de classe. Ce qui m'a fait... assez mal, je dois l'avouer. Pas assez pour vouloir me rouler par terre en frappant le sol de mes poings, mais mal pareil. Un pincement au coeur. Une sorte de vide. Après, je me suis raisonnée.
"Qu'est-ce qu'il a de si spécial que ça, après tout, ce garçon ?" me disait la petite voix de ma conscience. "Un sourire incroyable, une voix sexy, un joli corps, certes, mais encore ? Tu lui as écrit sur Internet, il t'a répondu, oui, mais si brièvement ! Il n'a pas poussé cette porte que tu as enfin ouverte ! Pire : il ose fixer l'une de tes supposées copines de classe ! Pour te rendre jalouse ? Pas sure ! Et même s'il voulait te rendre jalouse, ce n'est pas comme ça qu'il t'aura. Je te connais : quand tu es jalouse, tu te retires. Tu ne retrousses pas les manches pour affronter tes rivales, non. Et n'as-tu pas toujours eu, de toute manière, l'impression que vous n'aviez rien en commun ? Rien du tout ? Si vous aviez eu des atones crochus, il me semble que vous vous seriez déjà parlé, non ?"
Je ne sais pas si ma conscience aura une certaine influence sur mes actes... Ce qui est sûr, c'est que cette semaine relâche va me faire du bien. Pour m'aérer. Pour cesser de me promener partout avec une tête de zombie.
Je ne dis pas que je referme la porte. Non. Je la garde entreouverte, au cas où, tout en laissant la chaînette de sûreté...

dimanche 24 février 2008

La grève

Je la vois qui pointe le bout de son nez. Je la devine. On murmure, près de moi, qu'elle sera là bientôt... Je la crains. Elle ne fera que repousser mes humeurs instables, mes nausées, mon énervement, ma tristesse, ma déroute. Elle ne sera pas un remède à mon angoisse, mais une fuite non voulue. Au lieu de me permettre d'affronter mes peurs, au contraire, elle m'emmènera dans une voie que je devrais éviter, me chuchotant ces mots à l'oreille : "Oublie-le. De toute façon, ça ne fonctionnerait pas, entre vous deux." Et plus elle sera longue, plus elle me fera douter. Et si j'avais tout imaginé ? Et si tout ce que j'avais vu, ressenti, n'avait été qu'illusions ? que chimères ? que rêveries d'adolescente attardée ? Et si je m'étais trompée sur toute la ligne ? Et s'il se fichait de moi comme d'une guigne ? Et si je n'étais qu'une fille de plus ?...
Non, je ne veux pas de cette grève. Absolument pas.

vendredi 22 février 2008

Si j'étais

(J'ai trouvé le questionnaire sur un autre blog.)
un arbre------------------ un chêne
une fleur----------------- une rose avec beaucoup d'épines
un meuble-------------- une bibliothèque
un héros--------------- un homme ordinaire qui sauve la vie de quelqu'un
une boisson----------- un verre d'eau froide avec du citron
un habit------------------- un foulard
un cocktail------------- un Pina Colada
un fruit------------------ un melon
une ville--------------------- Montréal
un pays------------------------------ Canada
un animal------------------------------ un chat
un objet------------------------------ un crayon
une émotion/ un sentiment----------------------- la peur ou la passion
un tissu--------------------- du velours
une odeur---------------- savon à linge pour bébés
un mot une parole------------------------------- "Bonjour"
une citation un proverbe---------------------- "Tout ce qui doit durer est lent à croître" (Louis de Bonald)
un insecte------- --------------------- une araignée
une chanson--------------------- "Il y a trop de gens qui t'aiment" (Marie-Pier Perreault)
une célébrité------------------------ ma soeur, à Sainte-Justine
un film-------------------------------- "Week-end en famille" de Jodie Foster
une pièce de la maison----------------- le salon
un plat cuisiné-------------------- une soupe aux fruits de mer
un monument----------------------------- une bibliothèque avec des colonnes
un astre--------------------------------- la lune
un élément de la nature-------------------- l'eau
un style de musique--------------------- le rock indépendant
un instrument------------------------- la guitarre
une danse---------------------------------- peu importe, tant que je la danse en famille
une date------------------------------------- 31 octobre
une saison ------------------------------------ l'automne
un moyen de locomotion-------------------------- l'autobus
un verbe------------------------------------ être
un poème ou les paroles d'une chanson----------- "et moi je suis tombé en esclavage/de ce sourire, de ce visage/et je lui dis emmène-moi/je suis prêt à tous les sillages/vers d'autres lieux, d'autres rivages/mais elle passe et ne répond pas/l'amour pour elle est sans valeur/pour moi, c'est sûr, elle est d'ailleurs"
une lumière----------------------------- celle du soleil qui se couche
un personnage de fiction--------------------------------- la coccinelle de Gotlib
un homme----------------------------- un homme heureux
une matière-------------------------- le cristal
un peintre---------------------------- Dali
un auteur------------------------------ Nicole de Buron

Le syndrome du vilain petit canard (en quelque sorte)

De 0 à 5 ans, environ, j'ai été incroyablement mignonne. Mignonne comme le sont tous les petits enfants. Avec un sourire candide et communicatif. Des yeux noirs et pétillants de bonheur. Des joues rondes et appétissantes. Quand je regarde des vidéos datant de cette époque, je n'ai rien à me reprocher. J'étais adorable, et ça finissait là.
Entre 5 et 6 ans, elles sont apparues. Les lunettes. Démesurément grandes et blanches (elles sont ensuite devenues multicolores, puis noires...). Je ne sais pas si c'est de leur faute, mais je crois que c'est à partir de cette année fatidique que ma confiance en moi est descendue en chute libre. Je n'étais plus une petite fille adorable, mais un cerveau. Mes parents, ma famille et mes amies vantaient mon intelligence. Alléluia ! Lunettes et première de classe, ça va ensemble, à ce qui paraît. Et à la même époque, mes cheveux se sont fait courts. Rien pour arranger les choses.
Oui, c'est à partir de cette époque que je suis devenue une sorte de vilain petit canard. Que je me suis mise à me voir comme étant ordinaire. Banale. Particulièrement peu digne d'intérêt pour le sexe opposé. D'ailleurs, les garçons me voyaient plus comme une copine qu'une petite amie potentielle. Une serveuse dans un restaurant a déjà cru que j'étais un garçon, même si je portais un manteau rose. ROSE. Et, au secondaire (et je crois même au cégep - bordel !), dans l'autobus, à quelques reprises, on m'a fait le même coup. Excellent pour l'égo. Fantastique. Extraordinaire. De façon générale, les filles m'aimaient bien, parce que j'étais loin de constituer une menace pour elles. Et lorsque venait le temps, en classe, d'écrire des dissertations sur ma personne, je me décrivais de façon peu positive. Très peu élogieuse. Certes, je me savais brillante, créative, mais jolie ? Bof. Pas vraiment. Sur une échelle de 10, combien ? 6. Un généreux 6. Juste assez pour ne pas couler un test. Évidemment, me voir en photo, en vidéo était un véritable calvaire (et l'est toujours).
À 19-20 ans, après qu'on m'ait associée une énième fois à un stéréotype à lunettes (à savoir Velma, dans Scooby Doo), je me suis décidée : je suis allée chez l'optométriste, et je me suis payée des verres de contact. C'est à partir de ce moment-là que j'ai eu l'impression qu'on commençait à me percevoir différemment. Tout à coup, j'étais devenue une femme. Tadam ! Magie ! Fascinant, n'est-ce pas ? Il ne suffit que de se débarrasser de vulgaires petites lunettes pour que le monde vous voit autrement. Tout comme dans le conte, le vilain petit canard était devenu un cygne. Et les cygnes, ça attire le regard des hommes. Plus qu'avant, ça c'est sûr. (Cependant, j'ai constaté que lorsque l'on devient mignonne, on perd en même temps notre intelligence. Les gens nous répètent la même chose à plusieurs reprises, alors qu'on avait compris au premier coup. Charmant...)
Quel pouvoir, quand on se rend compte que l'on est aussi un visage, un corps... Cela donne envie de séduire - par un regard - le plus d'hommes possible. Pour se prouver qu'on n'est pas moche. Parce que, malheureusement, même devenu un cygne, le vilain petit canard demeure. Il ne disparaît jamais complètement. Du moins, son souvenir ne disparaît pas. De même que les cicatrices qu'il a laissé. Il reste caché, dans les confins de l'inconscient. Il ressurgit, de temps à autre, lorsqu'un garçon me plaît. Il fait en sorte que je me compare aux autres. Au lieu de penser à mes qualités intérieures, je désespère à propos de mes défauts physiques. Non. Je ne crois pas qu'on puisse panser une estime de soi vascillante simplement en retirant ses lunettes. On aura beau me répéter que je suis jolie, que je suis belle, que j'ai "une belle face", ça rentre par une oreille, et ça ressort par l'autre. Ou ça dure l'espace d'un moment... jusqu'à ce que je vois d'autres filles (plus petites, plus minces, avec de plus grands yeux, des lèvres plus pulpeuses, bla bla bla) et que je recommence à me comparer.
Voilà donc, grosso modo, où j'en suis.

mercredi 20 février 2008

88 et 888 - Explications

88 : "Vous vous trouvez dans une situation privilégiée par rapport à une question qui vous tracasse. Ou encore, vous n'êtes pas loin d'y accéder. Il ne vous reste qu'à liquider certaines attaches. Le message essentiel est le suivant : ne vous agrippez pas à la situation, ne cherchez pas à retenir, laissez faire. Ceci ne veut cependant pas dire que vous devez quitter la situation ou la fuir. Une séparation physique ne vous apporterait ni la paix ni la sagesse. Vous devez plutôt éliminer toute forme de préjugés ou d'intentions préalables. Vous devez vous disposez à recevoir l'événement avec innocence et détachement. [...] Ne vous laissez pas prendre par des préoccupations d'avenir ni par des souvenirs du passé. Si votre pensée se repose, si elle se vide de toute peur qui l'obscurcit, vous éprouverez une sérénité exceptionnelle et il vous sera plus facile de faire face à la situation."
888 : "Vous abandonnerez une série d'images fausses par rapport à un problème qui vous préoccupe depuis longtemps."
Tout cela, c'est à prendre à la légère, mais pour une fois, je trouvais que ça tombait bien.

888 = Extase

88 = Infini.
888 = Extase.
Debout à côté de mon bureau, je parlais à un ami, durant la pause, quand il est passé devant moi. Il m'a dévisagée, le visage quelque peu rouge. Il m'a dévisagée, de façon intense, et le temps a semblé s'arrêter. J'ai tenté, en vain, d'articuler un "allô", mais aucun son n'est sorti. Il est parti, non sans effleurer mon sac à main en passant. Après la pause, il est repassé devant moi, sans me regarder, il semblait tout joyeux. J'ai quelques fois senti son regard dans ma direction durant l'heure qui a suivie.
Ai-je le droit de lui sauter dessus ? Pour lui faire des choses pas trop catholiques ?
Après avoir touché mon bureau et mon sac à main, peut-être est-ce moi, la prochaine fois, qu'il effleurera. J'en frissonne d'avance...

lundi 18 février 2008

Amour-haine

Je ne sais plus ce que je veux.
Tout se mélange dans ma tête. La fascination. La peur. La jalousie. L'angoisse. La crainte.
Je le vois sur ces images. Dans des lieux où je ne suis pas allée. Avec des gens avec lesquels je m'entends plus ou moins. Sur ces photographies, il sourit ... et mon coeur se tord, au lieu de se faire léger, comme il aurait du l'être.
J'aimerais qu'il n'ait jamais existé. Ou, du moins, que son chemin n'ait jamais croisé le mien. Penser à lui me fait souffrir, et, curieusement, je pense à lui pratiquement tout le temps. Est-ce que vous savez ce que c'est, l'obsession ? Quand une personne est constamment présente dans votre tête ? Et quand penser à ladite personne vous rend nerveuse, stressée, irritable ? Oui, j'aimerais ne l'avoir jamais connu, et être tombée amoureuse d'un garçon simple, pas compliqué pour deux sous, avec lequel j'aurais eu une relation facile et durable. Remarquez, je peux toujours tomber sur ce garçon idéal. Cependant, pour l'instant, mon coeur se serre, et la nausée me guette. Est-ce par affection pour les amours compliqués ? Peut-être. Est-ce parce que son être tout entier me trouble, de la tête aux pieds, en passant par sa voix et son odeur ? Assurément. Si seulement il n'avait pas eu une voix aussi délectable... Posée, calme, légèrement rauque, mais, en même temps, ce côté candide qu'ont les enfants. Si seulement...
En même temps, l'idée de ne pas le voir après-demain me glace le sang. Et s'il était encore absent ? Et s'il avait abandonné le cours ? Remarquez, son absence prolongée, bien qu'épouvantablement pénible et dure pour mes pauvres nerfs, aurait l'avantage de l'éliminer peu à peu de mon esprit. De m'emmener à raisonner : après tout, qu'a-t-il de si spécial, ce garçon, à part une voix sexy, un joli corps et un sourire incroyable ? Mais... Mais, il sera probablement là. Nos yeux se croiseront peut-être, l'espace d'un instant. Il se mettra à côté de moi, silencieux comme toujours. Je chercherai quelque chose à dire. Quelque chose d'intelligent, qui me démarquera de ces filles qu'il fréquente amicalement (?). De ces filles que je jalouse toujours aussi ardemment...
Et j'aimerais savoir qui il est. Ce qu'il aime, ce qui le passionne (mis à part le hockey). A-t-il eu une enfance heureuse ? Est-il une personne bien ? Une personne fiable ? aimante ? douce ? Pourrais-je lui faire confiance ? Lui confier mes états d'âme ?
Je l'ignore, mais j'aimerais bien le savoir un jour...

mercredi 13 février 2008

Citation

"Tout ce qui doit durer est lent à croître" (Louis de Bonald)

Lent à quel point ?

Fichue Saint-Valentin....

Je suis fatiguée. J'ai mal partout. J'ai la nausée. Mon visage est rougi par les larmes. Je me sens mal...
Je ne l'ai pas vu aujourd'hui, et je ne le reverrai pas avant une semaine. Une semaine.
C'est un monde, une semaine. C'est de la torture inutile. Ça m'empêche d'accumuler des souvenirs, des images. De nouveaux souvenirs, de nouvelles images.
Il n'est pas venu au cours. Pas du tout. Et c'est comme si je m'étais éteinte de l'intérieur.
J'ai espéré le voir. Je l'ai cherché des yeux. J'ai guetté toutes les personnes qui entraient dans la classe. Et plus les minutes avançaient, plus je savais que les larmes finiraient par me monter aux yeux : il ne viendrait pas. Lui. Sa présence silencieuse. Je ne le verrais pas. Il ne me verrait pas. Il ne se tiendrait pas à côté de moi. Je n'aurais pas le droit à mon quinze minutes de silence lourd et pesant.
J'aurais aimé que ça ne me fasse rien. J'aurais aimé ne rien ressentir. M'en ficher. Me dire que, de toute façon, je ne lui parle pas. Que je le fuis. Que je les fuis, lui et son regard. J'aurais aimé être de glace. Mais les larmes sont venues d'elles-mêmes. Prêtes. Elles se tenaient au garde-à-vous, prêtes à couler. Je les ai retenues. Tout comme je me suis retenue de courir aux toilettes pour évacuer ma peine. Parce que je savais qu'après, ma tristesse aurait laissé des traces sur mon visage.
J'aurais aimé que ce soit lui qui ait appelé. Appelé, parce qu'il savait qu'il ne me verrait pas cet après-midi. Appelé, parce qu'il n'avait pas trouvé d'autre moyen pour communiquer avec moi. Et qu'il n'ait rien dit par gêne, et parce qu'il ne s'attendait pas à tomber sur ma mère...
Je ne le verrai pas avant une semaine. Une semaine.
C'est long, une semaine. Une semaine à essayer de ne pas oublier son visage. À essayer de ne pas tout romancer. À ne rien imaginer sur une personne qu'après tout je ne connais pas.
C'est quand une personne est absente que l'on se rend compte quelle valeur elle a à nos yeux...

dimanche 10 février 2008

La Saint-Valentin s'en vient : fuyez, pauvres fous !

Je suis une enfant. Je suis de sexe féminin. Malgré tout, en dépit de la théorie de l'habitus sexué (les hommes sont forts, ne pleurent pas, et les filles sont compréhensives et soumises), on m'apprend à être dépendante. À être autodidacte. À réussir par moi-même. À être capable d'être seule. À ignorer ceux qui me font mal, ceux qui n'en valent pas la peine. À être une battante qui se relève en cas d'échecs. À ne pas paniquer pour des riens. À attendre celui qui sera le bon pour moi ("un jour, ton prince viendra..."). On m'apprend aussi que la dépendance est mal. Poison. Caca. Dépendance = faiblesse. Ce sont les femmes faibles qui s'accrochent aux hommes. Ce sont les femmes faibles qui se font battre. Vous comprenez le principe, je crois. Et moi, enfant, j'aime l'idée, l'image : Je suis forte. Je suis intelligente. Je suis débrouillarde. Je suis superwoman !
Joli...
J'ai 22 ans. Je découvre cette envie d'être aimée. Follement, passionnément. Même si j'ai été éduquée depuis ma tendre enfance à être un chêne, un roseau indépendant, je veux être aimée. Je veux que quelqu'un pense à moi avec bonheur, ou avec tristesse. Je veux être dans les rêves de quelqu'un. Je veux troubler une personne au point qu'elle en souffre. Je veux qu'une personne me voit dans une foule. Je veux que quelqu'un soit jaloux des autres hommes sur lesquels je pose les yeux. Tout simplement parce que je ne veux pas être la seule qui sourit, la seule qui pleure, la seule qui rêve, la seule qui se trouble, la seule qui est jalousie, la seule qui oublie... à cause de quelqu'un. Certes, j'aurais aimé être plus forte que le restant de la planète, me vanter de n'avoir jamais besoin de personne... mais c'est faux. Je suis un être humain. Et j'ai besoin d'être aimée. Vraiment.
Et c'est pour cela que la Saint-Valentin m'exaspère, cette année. J'ai peur qu'il ne se passe rien. J'ai peur de souffrir parce qu'il ne se sera rien passé, justement... Et toujours les mêmes questions qui me trottent dans la tête : Est-il attiré par moi ? Si oui, va-t-il finir par se lasser ? C'est à voir, c'est à voir, c'est sûr, mais bon...
Encore quatre jours...

mercredi 6 février 2008

Aujourd'hui

Les semaines se suivent et se ressemblent...
Il s'est retrouvé dans mon équipe cette semaine encore. Cette fois, j'en suis sure, ce n'était pas par égarement (se tromper deux semaines de suite ? oh la la !). Je l'ai vu s'avancer vers nous, vers moi, à la fois heureuse et agacée. Pourtant, je n'étais pas nerveuse. J'étais calme. Non pas sereine, mais calme. Mon coeur ne battait pas la chamade, il ne voulait pas sortir de ma poitrine. Tout simplement parce que je savais déjà que je ne lui dirais rien. Que mes lèvres resteraient cyniquement closes, que ma tête serait incapable de trouver quelque chose d'intéressant à lui dire (avec la vie palpitante que je mène actuellement, il est d'ailleurs compliqué de trouver quelque chose à dire, point). De représentatif de ma personnalité. Qui saurait l'accrocher. Une phrase qui briserait le silence. Rien. Nada. Niet. Quinze minutes de silence absolu. Deux de ses amis font aussi partie de mon équipe ; il aurait donc pu les rejoindre. Quelques pas, et il est à leurs côtés. Deux présences sympathiques, qui se seraient intéressées à sa personne, qui l'auraient inclu dans leurs conversations. Non. Il est resté là, sans faire quoi que ce soit pour rompre ce silence de plomb. Pourquoi ? À quoi pense-t-il ? La même chose que moi ? Se demande-t-il quelle créature étrange je suis, autant que moi je me questionne sur lui ? Pourquoi faut-il qu'il me voit ? Bordel... Je suis partagée entre le désir qu'il se tanne de moi, et la peur qu'il se lasse, justement. Et il ne me voit qu'une fois par semaine... Sans parler de la jalousie que je ressens. Pour ces filles qui lui parlent. Pour ces filles qui le regardent. Apprendre qu'une amie aurait le béguin pour lui, j'aurais tellement mal... Comme elle est laide, la jalousie qui me ronge...
Quand le cours s'est terminé, il me fallait une présence sympathique. Apaisante. Une personne que je ne veux pas séduire. Une personne avec laquelle je peux rester moi-même. Parce que je ne voulais pas me rendre jusqu'au métro seule, tomber sur mes amies (en fait, ce sont surtout les amies d'une amie, et je ne leur parle que par intermittences), puis sur lui. Je ne voulais pas retrouver ce silence lourd. Et le chercher, lui, des yeux. Ne penser qu'à lui.
Et dire... Il y a quelques mois, il n'était qu'un beau visage parmi tant d'autres. Un garçon de plus ou de moins à propos duquel je me questionnais. Maintenant, tous les autres garçons ne sont que des ponts qui peuvent me mener à lui...
J'aimerais tellement comprendre les lois de l'attirance...

mercredi 30 janvier 2008

Flash-back

J'ai 14 ans. Je suis au secondaire. Je suis des cours d'arts avec un dénommé S, que je trouve beau comme un dieu, avec ses cheveux sombres, ses yeux chocolats, ses lèvres pulpeuses, son corps mince et musclé. Il a 23 ans. Je parle de lui dans mon journal intime sur une base régulière. Mon coeur s'emballe lorsque je le vois, j'en rêve la nuit : je suis amoureuse pour la première fois.
Je me souviens vaguement de cette journée. Je sais juste qu'il m'avait bouleversée, comme d'habitude, par sa beauté que j'idéalisais. Mon amie P et sa mère m'avait reconduite chez moi. Troublée, la tête ailleurs, j'avais oublié mes chaussures, de même que mes semelles orthopédiques, à un arrêt d'autobus. C'était la première fois que j'oubliais quelque chose à cause d'un garçon.
J'ai 22 ans. Je suis dans le fond de la classe, et lui, en avant. Je le regarde depuis le début du cours. Je suis incapable de détacher mes yeux de sa personne. Mon regard détaille avec envie son dos, que l'on peut voir à travers le tissu de son t-shirt blanc. Il a les cheveux bruns et courts, qui retroussent un peu par endroit. Il joue avec eux lentement ; je sens une sorte de désir monter en moi. J'aimerais pouvoir regarder ailleurs, mais j'en suis incapable. Il me fascine. Il a 20 ans, donc deux ans de moins que moi, mais pourtant me donne l'impression de redevenir adolescente, de retrouver mes 14 ans.
La classe se sépare en trois groupes de 25. D'habitude, je suis dans le groupe 1, et lui, dans le groupe 2. Mais le voilà qui s'avance vers le fond de la classe, vers mon groupe, vers moi. Pourquoi ? Il s'est trompé de groupe ? J'aimerais lui poser la question, l'interroger, mais aucun son ne sort de mes lèvres. Mon esprit se vide lentement de sa matière. Et il se retrouve à côté de moi, alors qu'il aurait pu aller ailleurs. Je m'assis sur mon bureau, et essaie d'écouter ce qui se dit autour de moi, mais je n'y parviens pas. Je ne le regarde pas, et il ne semble pas me regarder non plus. Quelle situation bizarre... Le seul regard qu'il m'adresse vient au moment de signer notre nom sur la feuille de présences. J'ai mon propre crayon en main. Il me tend la feuille, de même que le crayon que l'on fait circuler... Aucun mot n'est échangé. Fin de l'histoire. Troublée, perplexe, je quitte la salle de cours... et oublie mon parapluie derrière moi. Bordel.
J'ai 22 ans, mais l'adolescente de 14 ans demeure. L'adolescente silencieuse qui regarde de loin l'homme qui la fait se pavoiser.
Dans la vie, il y a les hommes que l'on trouble - et dont le trouble nous amuse - ainsi que les hommes qui nous troublent, et qui nous font pleurer toutes les larmes de notre corps le soir venu. Il existe donc une justice en ce bas monde...