jeudi 20 mars 2008

Suis-je intoxiquée ???

Chaque soir, je me dis que je vais me coucher tôt (enfin... vers minuit). Que je vais me lever à une heure raisonnable le lendemain. Que je vais m'avancer dans le seul travail qu'il me reste à faire cette session-ci. Que je vais m'avancer dans mes lectures - j'ai acheté tout plein de livres, dernièrement. Que je vais même tenter d'écrire un peu, question que mes idées ne restent pas emprisonnées dans ma tête...
Mais non...
Soit j'erre dans la maison tel un zombie, m'arrêtant invariablement devant l'écran d'ordinateur, que je fixe tout aussi invariablement d'un regard vide, espérant, en vain, un signe, une perche, ou le Messie en personne. Ou soit je sors, j'essaie de m'aérer (pierre qui roule n'amasse pas mousse), de me changer les idées en allant au cinéma, au resto, dans un centre d'achats x... pour retrouver mon état de zombie au retour. Seule la fin de semaine (boulot) apporte un peu de couleurs dans ce portrait plutôt gris de mon existence.
C'est chiant. Très, très, très chiant. Je n'ai jamais été dans un pareil état de stagnation. Je suis en attente.
En attente de quoi, me direz-vous ?
Qu'il se passe quelque chose. Et que ça disparaisse, tout simplement. Un peu comme un rhume tenace. Je me dis qu'en restant tranquille, en prenant du repos, je vais guérir. Guérir de quoi ? D'une intoxication, je dirais. Ou d'une "addiction", pour employer l'un de ces charmants anglicismes qui envahissement présentement la langue française.
Je suis accro à une proximité. À des regards. À des sourires. À quelques rares effleurements. S'il était resté loin de moi, je ne crois pas que je serais dans cet état, actuellement.
Je le revois encore, passer devant moi, alors que je suis en train de parler avec un ami. Je suis debout. Il s'en vient vers moi, qui suis dans le fond de la classe. Il passe tout près - un peu plus d'un pied nous sépare. Nos regards se croisent. Juste assez longtemps pour que je puisse voir ses yeux, quelque peu rouges (???). Le temps s'arrête - j'ai d'ailleurs oublié l'existence de mon ami. J'essaie de dire "allô", mais aucun son ne sort ; en fait, je n'ai pu qu'articuler un bête "all..". Et il passe devant moi, effleure mon sac à main du bout des doigts, et sort de la classe. Fin de l'histoire. Pendant ces quelques instants (durée : même pas une minute), j'ai eu l'impression de devenir un livre ouvert. Et que, pour la toute première fois, il pouvait percevoir mes sentiments à son égard. Troublant... Après la pause, il est revenu, est passé devant moi, sans toutefois me regarder. Retourné à sa place - complètement à l'avant - il semblait particulièrement animé. Tout sourire. Son regard était tourné, et je le sentais regarder dans ma direction...
Ce sont mes derniers souvenirs potables d'avant la grève... Oh ! Il y a bien eu cette rencontre, un vendredi, mais... Comme je l'ai déjà mentionné, il ne s'était rien passé. Il était avec sa bande, et semblait gêné (mon imagination, encore ?).
Tout cela pour dire que je suis bêtement accro.
Et que j'attends...

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