vendredi 29 février 2008

Lucide ?

Oui, nous sommes en grève. Oui, ça m'agace. Du moins, ça m'a terriblement agacée sur le coup. J'ai eu l'impression de recevoir une brique sur la tête. Mon coeur s'est serré, et mes yeux sont devenus vitreux.
Peu importe.
Aujourd'hui, rencontre pour les stages. Il était là, bien sûr. En compagnie de ses copains. Sa bande. Son clan. Sa secte. Je les regarde, et je me demande si je pourrais joindre leurs rangs, un jour. Pas sûre. Ils ne semblent pas m'aimer beaucoup. À moins qu'ils n'aiment tout simplement pas ceux qui ne font pas partie de leur club. À moins que je me fasse des idées... comme d'habitude.
De toute façon, il ne me regardait pas, aujourd'hui. Cependant, il a regardé l'une de mes camarades de classe. Ce qui m'a fait... assez mal, je dois l'avouer. Pas assez pour vouloir me rouler par terre en frappant le sol de mes poings, mais mal pareil. Un pincement au coeur. Une sorte de vide. Après, je me suis raisonnée.
"Qu'est-ce qu'il a de si spécial que ça, après tout, ce garçon ?" me disait la petite voix de ma conscience. "Un sourire incroyable, une voix sexy, un joli corps, certes, mais encore ? Tu lui as écrit sur Internet, il t'a répondu, oui, mais si brièvement ! Il n'a pas poussé cette porte que tu as enfin ouverte ! Pire : il ose fixer l'une de tes supposées copines de classe ! Pour te rendre jalouse ? Pas sure ! Et même s'il voulait te rendre jalouse, ce n'est pas comme ça qu'il t'aura. Je te connais : quand tu es jalouse, tu te retires. Tu ne retrousses pas les manches pour affronter tes rivales, non. Et n'as-tu pas toujours eu, de toute manière, l'impression que vous n'aviez rien en commun ? Rien du tout ? Si vous aviez eu des atones crochus, il me semble que vous vous seriez déjà parlé, non ?"
Je ne sais pas si ma conscience aura une certaine influence sur mes actes... Ce qui est sûr, c'est que cette semaine relâche va me faire du bien. Pour m'aérer. Pour cesser de me promener partout avec une tête de zombie.
Je ne dis pas que je referme la porte. Non. Je la garde entreouverte, au cas où, tout en laissant la chaînette de sûreté...

dimanche 24 février 2008

La grève

Je la vois qui pointe le bout de son nez. Je la devine. On murmure, près de moi, qu'elle sera là bientôt... Je la crains. Elle ne fera que repousser mes humeurs instables, mes nausées, mon énervement, ma tristesse, ma déroute. Elle ne sera pas un remède à mon angoisse, mais une fuite non voulue. Au lieu de me permettre d'affronter mes peurs, au contraire, elle m'emmènera dans une voie que je devrais éviter, me chuchotant ces mots à l'oreille : "Oublie-le. De toute façon, ça ne fonctionnerait pas, entre vous deux." Et plus elle sera longue, plus elle me fera douter. Et si j'avais tout imaginé ? Et si tout ce que j'avais vu, ressenti, n'avait été qu'illusions ? que chimères ? que rêveries d'adolescente attardée ? Et si je m'étais trompée sur toute la ligne ? Et s'il se fichait de moi comme d'une guigne ? Et si je n'étais qu'une fille de plus ?...
Non, je ne veux pas de cette grève. Absolument pas.

vendredi 22 février 2008

Si j'étais

(J'ai trouvé le questionnaire sur un autre blog.)
un arbre------------------ un chêne
une fleur----------------- une rose avec beaucoup d'épines
un meuble-------------- une bibliothèque
un héros--------------- un homme ordinaire qui sauve la vie de quelqu'un
une boisson----------- un verre d'eau froide avec du citron
un habit------------------- un foulard
un cocktail------------- un Pina Colada
un fruit------------------ un melon
une ville--------------------- Montréal
un pays------------------------------ Canada
un animal------------------------------ un chat
un objet------------------------------ un crayon
une émotion/ un sentiment----------------------- la peur ou la passion
un tissu--------------------- du velours
une odeur---------------- savon à linge pour bébés
un mot une parole------------------------------- "Bonjour"
une citation un proverbe---------------------- "Tout ce qui doit durer est lent à croître" (Louis de Bonald)
un insecte------- --------------------- une araignée
une chanson--------------------- "Il y a trop de gens qui t'aiment" (Marie-Pier Perreault)
une célébrité------------------------ ma soeur, à Sainte-Justine
un film-------------------------------- "Week-end en famille" de Jodie Foster
une pièce de la maison----------------- le salon
un plat cuisiné-------------------- une soupe aux fruits de mer
un monument----------------------------- une bibliothèque avec des colonnes
un astre--------------------------------- la lune
un élément de la nature-------------------- l'eau
un style de musique--------------------- le rock indépendant
un instrument------------------------- la guitarre
une danse---------------------------------- peu importe, tant que je la danse en famille
une date------------------------------------- 31 octobre
une saison ------------------------------------ l'automne
un moyen de locomotion-------------------------- l'autobus
un verbe------------------------------------ être
un poème ou les paroles d'une chanson----------- "et moi je suis tombé en esclavage/de ce sourire, de ce visage/et je lui dis emmène-moi/je suis prêt à tous les sillages/vers d'autres lieux, d'autres rivages/mais elle passe et ne répond pas/l'amour pour elle est sans valeur/pour moi, c'est sûr, elle est d'ailleurs"
une lumière----------------------------- celle du soleil qui se couche
un personnage de fiction--------------------------------- la coccinelle de Gotlib
un homme----------------------------- un homme heureux
une matière-------------------------- le cristal
un peintre---------------------------- Dali
un auteur------------------------------ Nicole de Buron

Le syndrome du vilain petit canard (en quelque sorte)

De 0 à 5 ans, environ, j'ai été incroyablement mignonne. Mignonne comme le sont tous les petits enfants. Avec un sourire candide et communicatif. Des yeux noirs et pétillants de bonheur. Des joues rondes et appétissantes. Quand je regarde des vidéos datant de cette époque, je n'ai rien à me reprocher. J'étais adorable, et ça finissait là.
Entre 5 et 6 ans, elles sont apparues. Les lunettes. Démesurément grandes et blanches (elles sont ensuite devenues multicolores, puis noires...). Je ne sais pas si c'est de leur faute, mais je crois que c'est à partir de cette année fatidique que ma confiance en moi est descendue en chute libre. Je n'étais plus une petite fille adorable, mais un cerveau. Mes parents, ma famille et mes amies vantaient mon intelligence. Alléluia ! Lunettes et première de classe, ça va ensemble, à ce qui paraît. Et à la même époque, mes cheveux se sont fait courts. Rien pour arranger les choses.
Oui, c'est à partir de cette époque que je suis devenue une sorte de vilain petit canard. Que je me suis mise à me voir comme étant ordinaire. Banale. Particulièrement peu digne d'intérêt pour le sexe opposé. D'ailleurs, les garçons me voyaient plus comme une copine qu'une petite amie potentielle. Une serveuse dans un restaurant a déjà cru que j'étais un garçon, même si je portais un manteau rose. ROSE. Et, au secondaire (et je crois même au cégep - bordel !), dans l'autobus, à quelques reprises, on m'a fait le même coup. Excellent pour l'égo. Fantastique. Extraordinaire. De façon générale, les filles m'aimaient bien, parce que j'étais loin de constituer une menace pour elles. Et lorsque venait le temps, en classe, d'écrire des dissertations sur ma personne, je me décrivais de façon peu positive. Très peu élogieuse. Certes, je me savais brillante, créative, mais jolie ? Bof. Pas vraiment. Sur une échelle de 10, combien ? 6. Un généreux 6. Juste assez pour ne pas couler un test. Évidemment, me voir en photo, en vidéo était un véritable calvaire (et l'est toujours).
À 19-20 ans, après qu'on m'ait associée une énième fois à un stéréotype à lunettes (à savoir Velma, dans Scooby Doo), je me suis décidée : je suis allée chez l'optométriste, et je me suis payée des verres de contact. C'est à partir de ce moment-là que j'ai eu l'impression qu'on commençait à me percevoir différemment. Tout à coup, j'étais devenue une femme. Tadam ! Magie ! Fascinant, n'est-ce pas ? Il ne suffit que de se débarrasser de vulgaires petites lunettes pour que le monde vous voit autrement. Tout comme dans le conte, le vilain petit canard était devenu un cygne. Et les cygnes, ça attire le regard des hommes. Plus qu'avant, ça c'est sûr. (Cependant, j'ai constaté que lorsque l'on devient mignonne, on perd en même temps notre intelligence. Les gens nous répètent la même chose à plusieurs reprises, alors qu'on avait compris au premier coup. Charmant...)
Quel pouvoir, quand on se rend compte que l'on est aussi un visage, un corps... Cela donne envie de séduire - par un regard - le plus d'hommes possible. Pour se prouver qu'on n'est pas moche. Parce que, malheureusement, même devenu un cygne, le vilain petit canard demeure. Il ne disparaît jamais complètement. Du moins, son souvenir ne disparaît pas. De même que les cicatrices qu'il a laissé. Il reste caché, dans les confins de l'inconscient. Il ressurgit, de temps à autre, lorsqu'un garçon me plaît. Il fait en sorte que je me compare aux autres. Au lieu de penser à mes qualités intérieures, je désespère à propos de mes défauts physiques. Non. Je ne crois pas qu'on puisse panser une estime de soi vascillante simplement en retirant ses lunettes. On aura beau me répéter que je suis jolie, que je suis belle, que j'ai "une belle face", ça rentre par une oreille, et ça ressort par l'autre. Ou ça dure l'espace d'un moment... jusqu'à ce que je vois d'autres filles (plus petites, plus minces, avec de plus grands yeux, des lèvres plus pulpeuses, bla bla bla) et que je recommence à me comparer.
Voilà donc, grosso modo, où j'en suis.

mercredi 20 février 2008

88 et 888 - Explications

88 : "Vous vous trouvez dans une situation privilégiée par rapport à une question qui vous tracasse. Ou encore, vous n'êtes pas loin d'y accéder. Il ne vous reste qu'à liquider certaines attaches. Le message essentiel est le suivant : ne vous agrippez pas à la situation, ne cherchez pas à retenir, laissez faire. Ceci ne veut cependant pas dire que vous devez quitter la situation ou la fuir. Une séparation physique ne vous apporterait ni la paix ni la sagesse. Vous devez plutôt éliminer toute forme de préjugés ou d'intentions préalables. Vous devez vous disposez à recevoir l'événement avec innocence et détachement. [...] Ne vous laissez pas prendre par des préoccupations d'avenir ni par des souvenirs du passé. Si votre pensée se repose, si elle se vide de toute peur qui l'obscurcit, vous éprouverez une sérénité exceptionnelle et il vous sera plus facile de faire face à la situation."
888 : "Vous abandonnerez une série d'images fausses par rapport à un problème qui vous préoccupe depuis longtemps."
Tout cela, c'est à prendre à la légère, mais pour une fois, je trouvais que ça tombait bien.

888 = Extase

88 = Infini.
888 = Extase.
Debout à côté de mon bureau, je parlais à un ami, durant la pause, quand il est passé devant moi. Il m'a dévisagée, le visage quelque peu rouge. Il m'a dévisagée, de façon intense, et le temps a semblé s'arrêter. J'ai tenté, en vain, d'articuler un "allô", mais aucun son n'est sorti. Il est parti, non sans effleurer mon sac à main en passant. Après la pause, il est repassé devant moi, sans me regarder, il semblait tout joyeux. J'ai quelques fois senti son regard dans ma direction durant l'heure qui a suivie.
Ai-je le droit de lui sauter dessus ? Pour lui faire des choses pas trop catholiques ?
Après avoir touché mon bureau et mon sac à main, peut-être est-ce moi, la prochaine fois, qu'il effleurera. J'en frissonne d'avance...

lundi 18 février 2008

Amour-haine

Je ne sais plus ce que je veux.
Tout se mélange dans ma tête. La fascination. La peur. La jalousie. L'angoisse. La crainte.
Je le vois sur ces images. Dans des lieux où je ne suis pas allée. Avec des gens avec lesquels je m'entends plus ou moins. Sur ces photographies, il sourit ... et mon coeur se tord, au lieu de se faire léger, comme il aurait du l'être.
J'aimerais qu'il n'ait jamais existé. Ou, du moins, que son chemin n'ait jamais croisé le mien. Penser à lui me fait souffrir, et, curieusement, je pense à lui pratiquement tout le temps. Est-ce que vous savez ce que c'est, l'obsession ? Quand une personne est constamment présente dans votre tête ? Et quand penser à ladite personne vous rend nerveuse, stressée, irritable ? Oui, j'aimerais ne l'avoir jamais connu, et être tombée amoureuse d'un garçon simple, pas compliqué pour deux sous, avec lequel j'aurais eu une relation facile et durable. Remarquez, je peux toujours tomber sur ce garçon idéal. Cependant, pour l'instant, mon coeur se serre, et la nausée me guette. Est-ce par affection pour les amours compliqués ? Peut-être. Est-ce parce que son être tout entier me trouble, de la tête aux pieds, en passant par sa voix et son odeur ? Assurément. Si seulement il n'avait pas eu une voix aussi délectable... Posée, calme, légèrement rauque, mais, en même temps, ce côté candide qu'ont les enfants. Si seulement...
En même temps, l'idée de ne pas le voir après-demain me glace le sang. Et s'il était encore absent ? Et s'il avait abandonné le cours ? Remarquez, son absence prolongée, bien qu'épouvantablement pénible et dure pour mes pauvres nerfs, aurait l'avantage de l'éliminer peu à peu de mon esprit. De m'emmener à raisonner : après tout, qu'a-t-il de si spécial, ce garçon, à part une voix sexy, un joli corps et un sourire incroyable ? Mais... Mais, il sera probablement là. Nos yeux se croiseront peut-être, l'espace d'un instant. Il se mettra à côté de moi, silencieux comme toujours. Je chercherai quelque chose à dire. Quelque chose d'intelligent, qui me démarquera de ces filles qu'il fréquente amicalement (?). De ces filles que je jalouse toujours aussi ardemment...
Et j'aimerais savoir qui il est. Ce qu'il aime, ce qui le passionne (mis à part le hockey). A-t-il eu une enfance heureuse ? Est-il une personne bien ? Une personne fiable ? aimante ? douce ? Pourrais-je lui faire confiance ? Lui confier mes états d'âme ?
Je l'ignore, mais j'aimerais bien le savoir un jour...

mercredi 13 février 2008

Citation

"Tout ce qui doit durer est lent à croître" (Louis de Bonald)

Lent à quel point ?

Fichue Saint-Valentin....

Je suis fatiguée. J'ai mal partout. J'ai la nausée. Mon visage est rougi par les larmes. Je me sens mal...
Je ne l'ai pas vu aujourd'hui, et je ne le reverrai pas avant une semaine. Une semaine.
C'est un monde, une semaine. C'est de la torture inutile. Ça m'empêche d'accumuler des souvenirs, des images. De nouveaux souvenirs, de nouvelles images.
Il n'est pas venu au cours. Pas du tout. Et c'est comme si je m'étais éteinte de l'intérieur.
J'ai espéré le voir. Je l'ai cherché des yeux. J'ai guetté toutes les personnes qui entraient dans la classe. Et plus les minutes avançaient, plus je savais que les larmes finiraient par me monter aux yeux : il ne viendrait pas. Lui. Sa présence silencieuse. Je ne le verrais pas. Il ne me verrait pas. Il ne se tiendrait pas à côté de moi. Je n'aurais pas le droit à mon quinze minutes de silence lourd et pesant.
J'aurais aimé que ça ne me fasse rien. J'aurais aimé ne rien ressentir. M'en ficher. Me dire que, de toute façon, je ne lui parle pas. Que je le fuis. Que je les fuis, lui et son regard. J'aurais aimé être de glace. Mais les larmes sont venues d'elles-mêmes. Prêtes. Elles se tenaient au garde-à-vous, prêtes à couler. Je les ai retenues. Tout comme je me suis retenue de courir aux toilettes pour évacuer ma peine. Parce que je savais qu'après, ma tristesse aurait laissé des traces sur mon visage.
J'aurais aimé que ce soit lui qui ait appelé. Appelé, parce qu'il savait qu'il ne me verrait pas cet après-midi. Appelé, parce qu'il n'avait pas trouvé d'autre moyen pour communiquer avec moi. Et qu'il n'ait rien dit par gêne, et parce qu'il ne s'attendait pas à tomber sur ma mère...
Je ne le verrai pas avant une semaine. Une semaine.
C'est long, une semaine. Une semaine à essayer de ne pas oublier son visage. À essayer de ne pas tout romancer. À ne rien imaginer sur une personne qu'après tout je ne connais pas.
C'est quand une personne est absente que l'on se rend compte quelle valeur elle a à nos yeux...

dimanche 10 février 2008

La Saint-Valentin s'en vient : fuyez, pauvres fous !

Je suis une enfant. Je suis de sexe féminin. Malgré tout, en dépit de la théorie de l'habitus sexué (les hommes sont forts, ne pleurent pas, et les filles sont compréhensives et soumises), on m'apprend à être dépendante. À être autodidacte. À réussir par moi-même. À être capable d'être seule. À ignorer ceux qui me font mal, ceux qui n'en valent pas la peine. À être une battante qui se relève en cas d'échecs. À ne pas paniquer pour des riens. À attendre celui qui sera le bon pour moi ("un jour, ton prince viendra..."). On m'apprend aussi que la dépendance est mal. Poison. Caca. Dépendance = faiblesse. Ce sont les femmes faibles qui s'accrochent aux hommes. Ce sont les femmes faibles qui se font battre. Vous comprenez le principe, je crois. Et moi, enfant, j'aime l'idée, l'image : Je suis forte. Je suis intelligente. Je suis débrouillarde. Je suis superwoman !
Joli...
J'ai 22 ans. Je découvre cette envie d'être aimée. Follement, passionnément. Même si j'ai été éduquée depuis ma tendre enfance à être un chêne, un roseau indépendant, je veux être aimée. Je veux que quelqu'un pense à moi avec bonheur, ou avec tristesse. Je veux être dans les rêves de quelqu'un. Je veux troubler une personne au point qu'elle en souffre. Je veux qu'une personne me voit dans une foule. Je veux que quelqu'un soit jaloux des autres hommes sur lesquels je pose les yeux. Tout simplement parce que je ne veux pas être la seule qui sourit, la seule qui pleure, la seule qui rêve, la seule qui se trouble, la seule qui est jalousie, la seule qui oublie... à cause de quelqu'un. Certes, j'aurais aimé être plus forte que le restant de la planète, me vanter de n'avoir jamais besoin de personne... mais c'est faux. Je suis un être humain. Et j'ai besoin d'être aimée. Vraiment.
Et c'est pour cela que la Saint-Valentin m'exaspère, cette année. J'ai peur qu'il ne se passe rien. J'ai peur de souffrir parce qu'il ne se sera rien passé, justement... Et toujours les mêmes questions qui me trottent dans la tête : Est-il attiré par moi ? Si oui, va-t-il finir par se lasser ? C'est à voir, c'est à voir, c'est sûr, mais bon...
Encore quatre jours...

mercredi 6 février 2008

Aujourd'hui

Les semaines se suivent et se ressemblent...
Il s'est retrouvé dans mon équipe cette semaine encore. Cette fois, j'en suis sure, ce n'était pas par égarement (se tromper deux semaines de suite ? oh la la !). Je l'ai vu s'avancer vers nous, vers moi, à la fois heureuse et agacée. Pourtant, je n'étais pas nerveuse. J'étais calme. Non pas sereine, mais calme. Mon coeur ne battait pas la chamade, il ne voulait pas sortir de ma poitrine. Tout simplement parce que je savais déjà que je ne lui dirais rien. Que mes lèvres resteraient cyniquement closes, que ma tête serait incapable de trouver quelque chose d'intéressant à lui dire (avec la vie palpitante que je mène actuellement, il est d'ailleurs compliqué de trouver quelque chose à dire, point). De représentatif de ma personnalité. Qui saurait l'accrocher. Une phrase qui briserait le silence. Rien. Nada. Niet. Quinze minutes de silence absolu. Deux de ses amis font aussi partie de mon équipe ; il aurait donc pu les rejoindre. Quelques pas, et il est à leurs côtés. Deux présences sympathiques, qui se seraient intéressées à sa personne, qui l'auraient inclu dans leurs conversations. Non. Il est resté là, sans faire quoi que ce soit pour rompre ce silence de plomb. Pourquoi ? À quoi pense-t-il ? La même chose que moi ? Se demande-t-il quelle créature étrange je suis, autant que moi je me questionne sur lui ? Pourquoi faut-il qu'il me voit ? Bordel... Je suis partagée entre le désir qu'il se tanne de moi, et la peur qu'il se lasse, justement. Et il ne me voit qu'une fois par semaine... Sans parler de la jalousie que je ressens. Pour ces filles qui lui parlent. Pour ces filles qui le regardent. Apprendre qu'une amie aurait le béguin pour lui, j'aurais tellement mal... Comme elle est laide, la jalousie qui me ronge...
Quand le cours s'est terminé, il me fallait une présence sympathique. Apaisante. Une personne que je ne veux pas séduire. Une personne avec laquelle je peux rester moi-même. Parce que je ne voulais pas me rendre jusqu'au métro seule, tomber sur mes amies (en fait, ce sont surtout les amies d'une amie, et je ne leur parle que par intermittences), puis sur lui. Je ne voulais pas retrouver ce silence lourd. Et le chercher, lui, des yeux. Ne penser qu'à lui.
Et dire... Il y a quelques mois, il n'était qu'un beau visage parmi tant d'autres. Un garçon de plus ou de moins à propos duquel je me questionnais. Maintenant, tous les autres garçons ne sont que des ponts qui peuvent me mener à lui...
J'aimerais tellement comprendre les lois de l'attirance...